Écologie intégrale : Atelier N°1 – 26 mai 2021

Chaque membre du groupe a appréhendé ce premier atelier en ayant lu deux notes : « Le numérique peut-il être soutenable ? », mettant en lumière les conséquences environnementales du numérique et les conséquences sociales qui en découlent et interrogeant la manière dont une institution peut orienter ses choix numériques en fonction de ces enjeux ; et « Numérique, santé et travail », explorant les risques potentiels du numérique sur les conditions de travail. Un premier travail personnel d’appropriation a ainsi été mené par chacun des membres du groupe, afin de poser des premiers jalons de réflexion. 

Cette matière a servi de base au premier échange de l’atelier, visant à clarifier et approfondir les notions principales abordées dans chacune des deux notes. La question de la matérialité du numérique est ressortie comme un constat fort partagé par l’ensemble du groupe. En effet, la prise de conscience que le champs lexical employé pour nommer les technologies numériques (cloud, dématérialisation…) façonne un imaginaire qui nous fait oublier leur matérialité s’est révélé avec acuité à l’ensemble du groupe. N’est-ce pas précisément cette « immatérialité », véhiculée par les discours autour du numérique et ancrée dans les esprits, qui nous fait oublier les conséquences négatives que le numérique peut avoir sur l’environnement ? Pourtant la fabrication des infrastructures et équipements numériques repose sur une chaîne logistique mondiale fortement consommatrice de ressources (énergétiques, minières, naturelles…). Le discours véhiculé par le Collège des Bernardins autour de ces outils et équipements a donc une importance primordiale dans la prise de conscience des conséquences socio-environnementales du système numérique. D’autres concepts ont en revanche soulevé des interrogations, méritant des éclairages supplémentaires, comme la notion d’effet rebond ou celle de commun négatif, révélant aux membres du groupe de nouveaux concepts à explorer. Enfin, certaines idées ont pu faire débat, comme la question des éco-gestes : présentant des limites pour certains, d’autres les perçoivent au contraire comme un atout, permettant de sensibiliser l’opinion et ayant une influence collective positive. 

A l’issue de ce premier temps de clarification et d’approfondissement, l’objectif suivant fut de de partager collectivement une situation identifiée comme « problématique » dans le contexte du Collège des Bernardins, en lien avec la thématique de l’écologie intégrale. Diverses situations ont été énoncées par chacun des membres du groupe, et deux éléments sont essentiellement ressortis de ce partage : tout d’abord, le besoin de sensibiliser les interlocuteurs aux conséquences écologiques des pratiques numériques. L’importance d’éveiller les consciences, pour mieux faire prendre conscience des enjeux environnementaux et humains liés aux équipements numériques, a été partagée par plusieurs membres. Un enjeu fort de formation, de transmission et de sensibilisation s’est donc révélé avec acuité. Par ailleurs, la nécessité de fixer des règles, à l’échelle du Collège des Bernardins, pour se protéger collectivement des conséquences néfastes d’une mauvaise utilisation des outils numériques, fut également partagée par plusieurs membres du groupe. La question des frontières (entre vie personnelle et vie professionnelle générée par le télétravail), celle de l’augmentation exponentielle des besoins de stockage, l’exigence de l’instantanéité… ont révélé la nécessité d’un cadre commun pour ordonner et délimiter les pratiques de l’ensemble des usagers. 

            L’identification de ces situations problématiques a alors permis de dégager, en prenant davantage de hauteur et de recul, les interrogations que ces situations soulèvent pour le Collège des Bernardins. Trois axes principaux de problématiques ont été identifiés. Tout d’abord, la question d’un numérique pensé pour autrui (son prochain, la nature…) : au sein d’une structure comme le Collège des Bernardins, comment mettre le numérique au service du sens, de la cohérence et de l’épanouissement des personnes (salariés, bénévoles, partenaires, visiteurs…) ? Comment introduire un numérique qui ne soit pas aux dépens des hommes, ni de l’environnement ? Le deuxième axe concerne la prise de conscience des conséquences du numérique : Comment sensibiliser les parties-prenantes (les utilisateurs comme les décideurs) aux impacts écologiques du numérique ? Comment former les usagers à ces enjeux environnementaux et humains, et attirer leur attention sur ces aspects pour éveiller les consciences et engendre une évolution des pratiques ? Quel imaginaire du numérique le Collège des Bernardins souhaite-t-il véhiculer ? Enfin, la question de l’accompagnement a été soulevée : comment accompagner l’intégration de nouveaux outils numériques ?

Ces différentes questions nous ont alors progressivement amenées à la formulation d’une problématique générale, à laquelle nous souhaitons répondre collectivement à travers ce groupe de travail. La formulation de diverses propositions nous a alors amenées à la problématique finale : Comment le Collège des Bernardins peut-il mettre la transition numérique au service de sa vocation, dans une démarche d’écologie intégrale ?

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